Le carnet d’artiste

Crise 2015 – #JesuisCharlie

Crise 2015 #JesuisCharlie

Le mot « guerre » est prononcé en 2015. On parlait de « guerre » en 1986 quand une vague d’attentats déferlait sur la France. En 2015, la « guerre » cohabite contre tout attente avec « Je suis Charlie ». Une guerre qui recouvre de sang les rues de Paris et qui est lancée par les « djihadistes ».

Une guerre qui tue ! Des silhouettes se promènent sur la toile, en souvenir des victimes : celles qui n’iront plus jamais en terrasse, celles qui ne dessineront plus jamais, celles qui n’applaudiront plus aucun concert et celles qui sont les « survivants ».

« Survivants », au cœur d’une crise qui laisse si peu de temps au recueillement, tant la carte des incertitudes et des dangers est grande. Le pays a besoin de « courage », il faut rester « debout » et agir face à des questions humanitaires. 

Les « migrants », « l’exode », « les réfugiés » semblaient anonymes jusqu’au 2 septembre 2015 : le corps d’un Syrien de 3 ans est photographié, il est mort dans le naufrage en Turquie d’une embarcation de migrants, il se nomme « Aylan ». 

« Aylan » devient la photo emblématique du drame des « migrants » mais elle est aussi source d’interrogations. Attention à ne pas tomber dans une sorte de culpabilité collective, emportée par « la symphonie empathique » s’alarment certains éditorialistes. A « Calais », d’autres « réfugiés » attendent toujours un ailleurs. 

Quand autant d’enjeux cruciaux assaillissent l’opinion de manière simultanée, un sentiment de « chaos » peut apparaître. Comment concilier raison gardée et actions face aux dangers ? La France deviendrait-elle « islamophobe » ? « La stigmatisation » deviendrait-elle un réflexe ? Le débat est si passionné et délicat qu’il ne cesse d’être alimenté par des témoignages ou des chiffres qui le relativisent ou le légitimisent.

Dans la crise, la France de 2015 est confrontée à des questions intérieures graves. « Libertés chéries », tel était le titre d’un forum organisé par le journal Libération le 7 novembre 2015 alors que la loi sur le renseignement était votée en juin 2015. On discute respect des libertés individuelles le 7 novembre et, le 13 novembre, ces libertés sont poignardées par des terroristes au « Bataclan ».

L’unité nationale sera même remise en cause. A l’automne, avant le 13 novembre, on s’interrogeait déjà : “où est Charlie ?“. La concorde est si fragile. 

Face à l’unité nationale fragile, reste la « résistance » comme mot d’ordre collectif, une transformation du « Je suis Charlie » en « nous »… « Nous sommes un peuple », la « laïcité » en étendard ? « La liberté » en héritage ? Il était une fois la crise en 2015, il était une fois notre quotidien,  notre histoire immédiate ! Il est désormais question de “survivance“ d’un destin commun.

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